Île Sainte-Marie, également appelée Nosy Boraha, se trouve juste au large de la côte est de Madagascar et offre une atmosphère totalement différente de lieux comme Nosy Be ou les plages sèches du sud-ouest. Ici, tout paraît plus humide, plus vert et nettement plus lent. L’île s’étire en longueur le long de l’océan Indien, avec des cocotiers penchés au-dessus des routes, de vieilles maisons en bois disparaissant derrière une végétation épaisse et cette odeur constante de terre mouillée mélangée au sel marin et à la fumée de bois après la pluie.
La pluie fait partie du quotidien ici. Des averses tropicales soudaines peuvent détremper l’île entière pendant vingt minutes puis disparaître presque immédiatement. Les routes sèchent vite. Le linge beaucoup moins.
La mer change complètement selon l’endroit où l’on se trouve. La côte orientale fait face directement à l’océan Indien et peut devenir agitée, venteuse et gris-bleu pendant l’hiver austral. Le côté ouest reste beaucoup plus calme grâce à la barrière de corail qui protège plusieurs lagons peu profonds autour de l’île.
La plupart des voyageurs séjournent autour de Ambodifotatra, la principale ville de l’île, ou continuent vers le sud en direction de plages plus tranquilles et de petits hôtels cachés entre cocotiers et ravinala. De l’autre côté d’un étroit lagon se trouve Île aux Nattes, probablement l’un des endroits les plus paisibles de la région. Presque pas de voitures. Des sentiers sablonneux, des vélos, des pêcheurs traversant en pirogue. À marée basse, l’eau reste parfois si peu profonde qu’on peut marcher très loin dans le lagon.
Les gens viennent à Sainte-Marie pour les plages évidemment. Mais surtout pour les baleines.
Brève histoire
Bien avant le tourisme, Île Sainte-Marie occupait déjà une position importante sur les routes commerciales de l’océan Indien reliant Madagascar, l’Afrique de l’Est et l’Asie. Des marchands arabes s’y seraient arrêtés il y a plusieurs siècles et plus tard l’île devint célèbre comme refuge de pirates aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Baies protégées, eau douce et position stratégique rendaient l’île idéale pour les navires traversant l’océan Indien. Les histoires de pirates circulent encore partout autour de Sainte-Marie. Certaines ont été largement embellies avec le temps évidemment, mais le lien historique reste réel. L’ancien cimetière des pirates près de Ambodifotatra existe toujours aujourd’hui, même si l’humidité et le sel ont lentement effacé plusieurs tombes.
Ce qui rend l’histoire de l’île particulièrement singulière reste cependant son lien avec la France.
Contrairement à la majeure partie de Madagascar, Sainte-Marie passe très tôt sous contrôle français. En 1750, la reine Sakalava Bety cède l’île à la couronne française, probablement afin d’obtenir une protection contre des groupes rivaux malgaches. À partir de cet accord, Sainte-Marie devient officiellement territoire français bien plus d’un siècle avant la colonisation de Madagascar en 1896.
Ce statut particulier suivra l’île pendant longtemps.
Même autour de l’indépendance de Madagascar en 1960, certaines discussions réapparaissent ponctuellement sur le fait que Île Sainte-Marie pourrait rester liée à la France à cause de son histoire coloniale différente. Finalement, l’île intègre pleinement Madagascar indépendant avec le reste du pays.
Puis viennent les plantations. Girofle, vanille, café. Quelques anciennes maisons coloniales et plantations subsistent encore aujourd’hui à l’intérieur de l’île, partiellement cachées sous la végétation tropicale.
À ne pas manquer
Entre juin et septembre, les baleines à bosse migrent dans le chenal séparant Sainte-Marie du continent malgache. Cette migration a largement contribué à rendre l’île célèbre. Les excursions d’observation partent chaque matin pendant la saison et les rencontres sont extrêmement fréquentes. Certains jours les baleines surgissent tout près des bateaux. D’autres fois on les entend avant même de les voir.
Île aux Nattes reste l’un des grands points forts de l’île. Sable blanc, lagons peu profonds, pirogues posées directement sur la plage et petits hôtels cachés sous les cocotiers.
Le cimetière des pirates près de Ambodifotatra reste touristique mais conserve quelque chose d’assez fascinant à cause de l’histoire maritime particulière de l’île.
Plus au nord apparaissent des piscines naturelles et de petites criques cachées le long du littoral, surtout à marée basse.
À l’intérieur de l’île, les routes traversent villages, plantations de girofliers et végétation tropicale humide où les ravinala poussent pratiquement partout. L’atmosphère n’a rien à voir avec l’ouest de Madagascar. Plus verte, plus lourde, plus humide.
